Quoi de pire dans la vie que de rentrer au travail chaque matin, au côté d’un collègue que l’on déteste… Pour l’avoir vécu pendant plusieurs mois, je ne le souhaiterais à personne, sauf peut-être à cette dite ex-collègue. La situation s’aggrave d’autant plus, quand il ne s’agit pas d’un collègue, mais bien de son patron… Le leadership n’est pas donné à tout le monde! Et Rita… L’horrible Rita, mon institutrice de 4ième année primaire qui me terrorisait. Du haut de mes 9 ans, elle ne m’inspirait de la crainte, mais pas de respect.

manege du centaure relation cheval

La relation que l’on entretien avec son partenaire influence sans aucun doute la qualité et l’efficacité du travail en commun. Au moins, le cheval fera tout naturellement preuve de bonne foi, car pour lui, le groupe et sa stabilité sont un gage de survie! Pensez à ces magnifiques couples de patineurs ou de danseurs qui ne semblent faire qu’un! Soyez un bon professeur pour votre cheval, rappelez-vous de ces enseignants qui vous ont inspiré et ont changé votre vie (en ce sens je remercie Mr Bernard Gagné, Professeur d’Histoire-Géographie, secondaire 1 à 5 pour avoir stimulé ma curiosité). Quelle est la nature de la relation qui devrait être cultivé avec notre cheval? Certains diront que le cavalier doit être un bon père de famille, un éducateur, un partenaire, un ami… Mais pour le cheval, ces concepts font-ils du sens?

La prédation
L'homme prédateur carnivore

L’homme est omnivore, donc aussi carnivore…

Bien sûr que non! L’Homme est d’abord  un prédateur pour le cheval. Tout le trahi, sa conformation, sa posture, la trajectoire qu’il emprunte,  le rythme de ses pas, sa respiration, son odeur, et même son envie de s’approprier ce dont il n’a pas besoin pour exhiber sa supériorité à ses congénères. Le cheval ne tentera pas de répondre à un besoin qu’il ne ressent pas, et la gourmandise vient d’avantage de la transformation des aliments qui lui sont présentés que d’un intarissable besoin alimentaire. Dans les plaines, personne n’est obèse! Le cheval fréquentant l’homme depuis son plus jeune âge, la désensibilisation aura fait son œuvre et les traits appartenant aux prédateurs seront altérés. Cependant, les gestes visant à entrer en relation avec le cheval devront quant à eux être adaptés à sa nature. Ainsi se développera un langage à la rencontre de celui des deux espèces qui tentent de communiquer.

La dominance

La bonne relation entre le cheval et le cavalier permettra à celui-ci de s’adresser à l’intelligence de son partenaire. Pour que cela devienne possible, il faudra d’abord que le cheval mette de côté momentanément ses besoins afin de répondre aux demandes du cavalier et être à son écoute. C’est la dominance du cavalier sur son cheval. La dominance n’est pas un trait de caractère. La dominance s’exprime lorsque de congénères se disputent l’accès à une ressource ou tentent d’exprimer des comportements contradictoires. Le plus souvent, les comportements inappropriés viendront du besoin de sécurité, de jeux, ou des besoins sociaux, plus rarement des besoins alimentaires. Le cavalier devra d’une part s’assurer de répondre aux besoins de son cheval, et de l’autre,  garder l’attention du cheval et rendre les tentatives de réponses aux besoins inconfortables.

Le chef

Pour garder l’attention de son cheval et le détourner de ses besoins, le mieux est de lui trouver un travail, prendre une multitude de décision afin qu’il apprécie les moments ou rien ne lui sera demandé, qu’il savoure la quiétude et n’est plus envi de prendre des initiatives inappropriés. Une fois cette quiétude obtenue, les initiatives seront encouragées, dans le sens des demandes du cavalier, demander et laisser faire! Au sein du troupeau, ce sera l’étalon, qui, afin garder auprès de lui ses juments. Les pauvres juments, en ayant marre de se faire pourchasser, apprécieront de rester paisiblement au sein du troupeau. C’est aussi le cas des juments qui feront bouger les jeunes aux comportements inappropriés, comme ces instituteurs qui font faire des copies! Les petits seront enclins à leur obéir en raison de la dépendance qu’ils entretiennent envers les adultes. Les chevaux conservant toute leur vie des caractères juvéniles, c’est d’ailleurs ce qui permet cette si belle plasticité comportementale nous permettant de les monter, contrairement par exemple, aux zèbres. Ainsi s’explique une grande différence entre les animaux domestiques et ceux qui ne le sont pas.  L’Homme est probablement le plus domestique des animaux… Le chef est celui qui prend les décisions. L’homme élit un chef qui prendra les décisions, dans le meilleur des cas… Pour le cheval, le chef est celui qui prend les décisions, et non l’inverse. C’est l’occasion qui fait le larron. Le cavalier doit être le chef pour son cheval parce qu’il ambitionne de se faire porter. C’est le respect du cheval pour son cavalier.

Le leader

Ce sont les juments, stables au sein du troupeau, qui deviendront des repères pour les autres chevaux. Étant familiarisé au sein du territoire habité par la harde, elles sauront toujours prendre des décisions avantageuses, trouver l’eau et la nourriture, s’abriter du soleil, et surtout, ne dépenseront pas leur énergie à fuir inutilement. À force de prendre des décisions adéquates sur son cheval, respectant ses limites et ses peurs et l’aidant à répondre à ses besoins, le cavalier deviendra un peu comme cette sage jument à qui on peut faire confiance en partageant des repas et des balades au sol avec elle. On s’entend, c’est le cheval qui broute et nous qui tenons la corde! La gestion de la peur devra en tout temps faire l’objet d’un apprentissage et d’une attention particulière. Le cheval apprendra qu’il peut faire confiance à son cavalier, que ce dernier fait preuve d’empathie dans la gestion de sa peur, et développer un comportement d’analyse qui remplacera le réflexe de fuite. C’est ce nouveau comportement d’analyse de la part du cheval qui lui permettra de ne plus craindre les nouvelles stimulations qui lui sont présentées. C’est la confiance qui s’instaure, le cheval constate l’empathie du cavalier à son égard. La confiance s’instaure.

Bâtir la confiance du cheval envers son cavalier.

Le compagnon

Pour apaiser l’anxiété sociale, le cavalier devra être un repère pour son cheval. Il devra être le compagnon, avec qui il partage son espace personnel, la nourriture et surtout, les grattouilles! Le cheval inhibera l’agressivité envers son compagnon, la proximité physique étant une trop grande source de réconfort. Le cavalier disposera alors de moyen de renforcer positivement son cheval, par les grattouilles et les friandises qui pourront être dispensés dans le calme et la sécurité de la relation de compagnon. Les friandises ne devront jamais être volés ou quêté de la part du cheval, rien n’est gratuit. Prenez garde de ne pas décourager le retour de grattouille de la part de votre compagnon, mais évitez les morsures qui sont en fait des câlins maladroits. Tout est maintenant en place pour entraîner son cheval. Le plaisir à côtoyer son cavalier devra toujours prédominer et ainsi, le renforcement positif et l’attachement devra être suffisant pour compenser l’inconfort relié au travail.

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